Présentation du colloque par M. Gilles Lebreton, député français au Parlement européen:

L’Union européenne est à l’agonie car elle a dévoyé le rêve européen. Partout en Europe les peuples votent massivement pour des partis qui dénoncent son imposture : en Hongrie, en Pologne, aux Pays-Bas, en Autriche, et tout dernièrement encore en France, en Allemagne, et en République tchèque. Le peuple britannique a été encore plus loin en votant le Brexit. Même les peuples qui semblaient rester fidèles à l’Union commencent à douter d’elle : c’est ainsi qu’en Espagne, le parti Vox, dont je salue la présence dans cette salle de nombreux représentants, est en pleine ascension électorale.
Si l’UE est à ce point déconsidérée, c’est parce qu’elle n’a pas tenu ses promesses de solidarité et de respect de l’identité nationale de ses Etats membres. Elle ne s’est pas construite au service des peuples européens mais contre eux, comme le traité de Lisbonne l’a prouvé en réduisant à néant les référendums français et néerlandais de 2005. Et depuis 2015, il est clair qu’elle ne souhaite pas réellement endiguer la vague migratoire qui la submerge, mais plutôt s’en accommoder. Le commissaire Avramopoulos l’a avoué en affirmant que l’UE aurait besoin de 50 millions de migrants à l’horizon 2060 pour faire face au déficit démographique européen !
Il faut donc sortir de ce piège. Mais comme les Etats européens sont voués, par leur situation géographique et plus profondément par la proximité de leurs cultures, à vivre ensemble, il convient d’organiser “l’après-Bruxelles”. Entre le fédéralisme envahissant de l’UE et l’isolement de chaque Etat européen, existe en effet la possibilité d’une voie médiane qui serait celle d’une “Europe des nations”. C’est précisément pour réfléchir à ce que pourrait être cette Europe de l’après-Bruxelles que nous sommes réunis aujourd’hui, à l’initiative de la Fondation pour une Europe des Nations et des Libertés.
Je remercie donc la Fondation d’avoir organisé ce colloque international, ainsi que les prestigieux intervenants qui ont accepté son invitation et qui vont contribuer à éclairer notre avenir commun. Et je ne voudrais pas terminer sans remercier le public espagnol qui est venu nombreux les écouter.
Bon colloque à tous !